Choisir un réchaud de trek, c’est un détail qui n’en est pas un. Un mauvais choix peut se traduire par des repas tièdes, des cartouches introuvables, une popote noircie, ou pire : l’impossibilité de cuisiner quand il fait froid, humide ou venteux. À l’inverse, un bon réchaud rend la randonnée plus simple, plus autonome et plus agréable, que l’objectif soit de boire un café au lever du jour, de réhydrater un lyophilisé ou de cuisiner “vraiment” le soir.

Le comparatif gaz vs essence vs alcool revient constamment, car ces trois familles répondent à des logiques très différentes : performance par temps froid, disponibilité du carburant, poids total (réchaud + combustible), vitesse d’ébullition, facilité d’usage, sécurité. L’idée n’est pas de décréter un gagnant unique, mais de choisir en fonction du terrain, de la durée, de la saison et du style de trek.

Les critères essentiels pour choisir un réchaud de randonnée

Avant de comparer les carburants, il faut poser le cadre. Le “meilleur” réchaud est celui qui colle à l’usage réel.

  • Saison et température : le froid pénalise fortement certains systèmes (notamment le gaz).
  • Altitude et vent : le vent fait chuter le rendement de tous les réchauds sans protection adaptée.
  • Type de repas : eau chaude uniquement, ou cuisine avec mijotage.
  • Durée et autonomie : week-end vs itinérance longue, possibilité de ravitaillement.
  • Poids total : on pense souvent au réchaud, mais le combustible et les contenants comptent autant.
  • Disponibilité du carburant : en France, en Europe, en itinérance ou en pays isolés.
  • Simplicité et entretien : allumage, réglage, maintenance, fiabilité sur le long terme.

Ce sont ces critères qui permettent de trancher proprement entre gaz, essence et alcool.

Réchaud à gaz : le plus simple et le plus polyvalent en 3 saisons

Le réchaud à gaz est souvent le choix “par défaut” pour une bonne raison : il est rapide, propre, simple et efficace. Il fonctionne avec des cartouches (souvent mélange butane/propane/isobutane) et se met en route en quelques secondes.

Avantages du gaz

  • Allumage facile, réglage précis de la flamme.
  • Très bon rendement en conditions normales : chauffe vite, consommation maîtrisable.
  • Peu d’entretien : pas de pompe, pas de gicleur à nettoyer en routine.
  • Cuisine agréable : on peut vraiment moduler pour ne pas brûler.

Limites du gaz

  • Performance en froid : sous certaines températures, la pression baisse et la flamme devient faible.
  • Cartouches à trouver : facile en zones très fréquentées, plus aléatoire ailleurs.
  • Gestion des cartouches : impossible de “voir” précisément ce qu’il reste, et on transporte parfois du métal vide.

En résumé : le gaz est excellent pour la plupart des treks printemps-été-automne, surtout si l’objectif principal est de faire bouillir de l’eau rapidement et de cuisiner sans prise de tête.

Réchaud à essence : la valeur sûre pour le froid, l’altitude et l’expédition

Les réchauds à essence (ou multi-carburants) sont conçus pour fonctionner avec des carburants liquides : essence C, white gas, parfois kérosène ou diesel selon les modèles. Leur point fort est la fiabilité en conditions difficiles.

Avantages de l’essence

  • Très performant par temps froid et en altitude.
  • Carburant souvent accessible dans de nombreux pays (selon le type utilisé).
  • Bonne autonomie : on emporte la quantité exacte dans une gourde à combustible.
  • Puissance élevée : utile pour faire fondre de la neige, cuisiner pour plusieurs personnes.

Limites de l’essence

  • Procédure d’allumage plus technique : préchauffage, gestion de la pression.
  • Entretien : nettoyage possible du gicleur, joints, pompe.
  • Odeur et salissure : possible, surtout si l’usage n’est pas maîtrisé.
  • Poids et encombrement : pompe + bouteille + réchaud peuvent peser plus qu’un kit gaz minimaliste.

En résumé : l’essence devient un choix logique dès qu’il fait froid, que l’itinéraire est isolé, que la durée est longue, ou que la fiabilité prime sur la simplicité.

Réchaud à alcool : minimaliste, léger, mais moins performant

Les réchauds à alcool (souvent à alcool à brûler ou éthanol selon les pays) séduisent les randonneurs qui privilégient la simplicité mécanique et la légèreté.

Avantages de l’alcool

  • Très léger et simple : peu de pièces, peu de risques de panne.
  • Silencieux, facile à utiliser sur des sorties tranquilles.
  • Carburant parfois facile à trouver (dépend beaucoup des pays et des commerces).
  • Coût souvent inférieur pour le matériel.

Limites de l’alcool

  • Moins puissant : temps d’ébullition plus long.
  • Mauvais rendement au vent : pare-vent quasi obligatoire.
  • Gestion de la flamme : souvent moins réglable pour mijoter.
  • Plus sensible au froid : performance qui baisse, et cuisson plus longue.

En résumé : l’alcool convient très bien à un usage léger, sur itinéraires modérés, quand on veut faire simple et que la rapidité n’est pas critique.

Gaz vs essence vs alcool : tableau mental pour décider vite

Pour trancher sans se perdre, voici une logique simple :

  • Week-end, 3 saisons, simplicité : gaz.
  • Froid, altitude, autonomie longue, expédition : essence.
  • Minimalisme, poids, budget, rythme calme : alcool.

Et si la question est “une seule option pour tout faire”, la réponse la plus pragmatique pour la majorité des randonneurs reste : gaz en 3 saisons, et essence si l’on sait que le froid sera un vrai facteur.

Le pare-vent et la popote : les deux accessoires qui changent tout

Le choix du réchaud ne suffit pas. Deux éléments améliorent énormément l’efficacité :

  • Pare-vent : indispensable surtout pour l’alcool et très utile pour le gaz. Il réduit la consommation et accélère la chauffe. Attention toutefois : certains réchauds gaz supportent mal un pare-vent “fermé” qui renvoie trop de chaleur vers la cartouche.
  • Popote adaptée : un récipient avec échangeur thermique (selon les systèmes) peut améliorer le rendement. Une popote trop large ou trop fine peut aussi faire perdre en performance.

Autrement dit : un réchaud moyen avec une bonne configuration peut être plus efficace qu’un excellent réchaud mal utilisé.

Sécurité et bonnes pratiques en bivouac

Quel que soit le carburant, quelques règles évitent les problèmes :

  • Cuisiner sur une surface stable, loin de la tente.
  • Ventiler : ne jamais cuisiner dans un espace fermé.
  • Éloigner le combustible de la flamme.
  • Prévoir un briquet fiable et une solution de secours.
  • Tester le système avant le départ (allumage, pare-vent, stabilité, compatibilité popote).

Ces habitudes comptent souvent plus que le “modèle parfait”.

Conclusion

Le bon réchaud de trek est celui qui correspond au terrain et au style de randonnée. Le gaz reste le plus simple et le plus polyvalent en 3 saisons. L’essence prend l’avantage dès que les conditions deviennent exigeantes (froid, altitude, autonomie). L’alcool attire les profils minimalistes, prêts à accepter une cuisson plus lente. En posant les critères clés (température, autonomie, vent, type de repas), le choix devient logique et le confort au bivouac augmente nettement.